Aspergirl ? – Episode 2

Voir l’épisode 1

Ce soir d’aout 2015 je tombe dans la toile pendant des heures, et je compulse les vidéos et les sites qui traitent du Syndrome d’Asperger, et spécifiquement des femmes adultes Asperger, les aspergirls.

Et je continue les jours suivants, et plus je lis, plus je me retrouve.

Même si ça fait des mois que je dis en rigolant à mon Amoureux que j’ai des côtés autistes, jusqu’alors je n’avais pas cru que je pouvais réellement entrer dans le spectre : je continuais de penser que j’avais des lacunes en capacité d’adaptation et qu’il aurait suffit que « je fasse des efforts pour que… »

Je dois me faire diagnostiquer, c’est une évidence pour moi.

J’envoie un mail à mon psychologue avec qui j’ai toujours eu de très bons rapports, même s’il ne me suis plus depuis un an, et je lui fais pas de ma démarche en la justifiant :

Ce sentiment de différence, d’être à part (vous vous rappelez des « autres enfants du bus ? »1), d’être abimée, ma difficulté de gérer l’extérieur et les relations en groupe, mon hypersensibilité, mon hyperacousie, mes ressassements et questionnements sans fin, mes grands besoins de calme et de repli après avoir été trop stimulée, etc.

Il me répond :

Ne cherchez pas à vous « coller » une étiquette diagnostique, vous êtes une personne tourmentée, depuis l’enfance, mais cela procure également des qualités pour vous-même et autrui, malgré les souffrances (ponctuelles) qui peuvent y être liées.

Mais il se trompe, comme jamais : je ne recherche pas à entrer dans une boite ou à m’étiqueter, et restée figée comme cela, loin de là.

Cette démarche de diagnostique peut probablement cristalliser certaines personnes, ou leur fournir une excuse d’être comme elles sont et de décider de ne rien faire pour s’améliorer.

Mais je ne pense pas comme cela.

Dans mon cas, c’est une aide cette démarche de diagnostique, c’est l’opportunité de mieux comprendre comment je fonctionne et de limiter la casse.

J’ai cherché un CRA (Centres Ressources Autisme) dans ma région, j’ai envoyé un mail pour connaître la démarche. Le lendemain j’avais reçu un formulaire de 14 pages à remplir. C’était long, intriguant, c’était beaucoup d’interrogations nouvelles pour moi-même sur mon mode de fonctionnement. Mais j’ai tout bouclé en 2 jours et je l’ai renvoyé en espérant avoir un rendez-vous dans la trop longtemps.

Les CRA font en toute logique passer les enfants en premier, j’y étais préparée, et l’attente pour les adultes peut être de plusieurs mois, voire d’un an ou plus.

Pour prendre mon mal en patience j’ai commencé la lecture d’un livre sur le sujet, de Simone Rudy et c’était très éclairant.

Que je sois ou non officiellement reconnue comme ayant des TED, je ne pense pas trouver à 35 ans de meilleure explication sur mon étrangeté, et je n’ai pas l’intention de passer encore des années en errance. Je pars donc du principe que je suis neuro-atypique (TSA ou pas) et je vais continuer de me renseigner tant que je peux d’ici mon entretien à ce sujet avec des professionnels, afin d’améliorer ma condition de vie.

J’ai décidé par exemple de faire attention à mes auto-stimulations et à celles que je réfrène à l’extérieur (pour être socialement acceptable) pour justement les laisser s’exprimer (en les freinant en toute logique j’augmente le niveau d’anxiété que j’ai déjà…).

Je n’y avais pas prêté attention lorsque j’ai envoyé mon premier mail, mais je m’adressais à une unité spécialisée pour les autistes adultes. Moins d’une semaine après l’envoi de mon formulaire dûment rempli, j’ai reçu un appel.

J’ai mon premier rendez-vous le 6 octobre (de cette année, oui), qui me permettra de me situer dans le spectre.

Et j’ai trouvé deux vidéos très intéressantes aussi, qui peuvent me permettre d’expliquer mieux mon fonctionnement à mes proches (notamment celle sur la théorie des petites cuillères dont j’ai découvert l’existence il y a quelques jours).

(1) En 2013 nous parlons du calvaire que c’était pour moi de prendre le bus au collège, et il parle des « autres enfants du bus » et je tique : ces enfants et moi ne formons pas une entité, il n’est pas question de faire partie de ce groupe. Il y a les enfants du bus d’un côté, et moi de l’autre. Dire les « autres enfants du bus » revenait à me mettre dans le même sac qu’eux. Et ça n’était déjà pas mon ressenti.

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