Boisson Soylent, repas en poudre à boire, mes premières impressions

Pour mes motivations voir Le repas liquide : s’affranchir de la contrainte de manger

J’ai reçu deux assortiments de Jimmy Joy et Queal.

Ces deux marques sont assez similaires question prix et ingrédients (farine d’avoine, maltodextrin et farine de Soja, pour la base), toutes les deux des Pays Bas.
Les shakers contiennent une sorte de balle métallique qui aide (peut-être) à mieux mélanger et avoir moins de grumeaux.
Les sachets sont identiques (Queal replace ses anciens sachets par des Jimmy Joy like avec une ouverture frontale et un zip qui marche mieux).

Long story short : il ne faut pas s’attendre à trouver ça bon à boire.

Ça n’est pas du Yop (ou la formule médicalisée contre la dénutrition) : la texture est une sorte de bouillie diluée, avec des grumeaux si on a mal mélangé, presque terreuse si on a mal dosé.
Passé au blender le mélange peut devenir mousseux, je n’ai pas trouvé cela agréable.
Au frigo quelques heures il devient plus crémeux. Je dois poursuivre mes tests.

Question goût c’est très personnel. Certaines sont trop discrètes, d’autres trop marquées.

Si ça ne se boit pas avec plaisir, certains goûts me permettent de prendre un repas sans déplaisir et sans me prendre la tête.

La principale différence : le volume du repas

Pour 700Kcal, 528g contre 678g, une grosse différence pour un petit estomac et appétit comme moi.

Pour le même poids de poudre (178g) Queal part avec 350ml d’eau tandis que Jimmy Joy part avec 500ml, pour dans les deux cas 700Kcal.

Queal

La recette pour 700Kcal

  • 350ml d’eau
  • 178g de poudre (5 cuillères doseuses)

Le shaker

Compact et design mais pas commode pour verser la poudre sans en mettre partout. Je me suis faite littéralement éclaboussée lorsque j’ai dévissée le bouchon après avoir vigoureusement agité la préparation.

Jimmy Joy Vegan

La recette pour 700Kcal

  • 500ml d’eau
  • 178g de poudre (3,5 cuillères doseuses)

Le shaker

Ouverture large pour verser la poudre sans en mettre partout.

Publicités

Le repas liquide : s’affranchir de la contrainte de manger

J’ai toujours eu des troubles du comportement alimentaire. Je suis née allergique au lait de vache, puis au substitut à base de soja, on a commencé à me nourrir à la petite cuillère à l’âge de 2 mois et demi, à 5 ans il m’arrivait de couper les grains de riz en deux, à 37 ans les repas sont trop souvent une épreuve.

Une épreuve parce qu’il y a des jours où je n’ai pas la capacité mentale de prendre plus de 2 minutes pour me préparer quelque chose d’alimentaire. Parce que je n’ai aucune envie de mastiquer. De réfléchir à ce qu’il faut manger. Ou de manger tout court.

Lorsque j’ai les enfants, que j’essaie de nourrir par trop mal, je fais des listes (de courses, de repas) pour ne pas me retrouver dans l’incapacité de les nourrir. Parfois je dégaine le joker de « repas petit déjeuné ».

J’ai une grande capacité de régulation naturelle de poids, je ne fais pas « attention » à ce que je mange, ça se passe tout seul en fonction de mes envies. Si je dois me surveiller c’est pour ne pas trop maigrir.

Cet été j’ai voulu grossir et augmenter ma masse musculaire. J’ai passé le mois d’aout à revoir ma manière de manger, à m’appliquer à acheter des produits de qualité, à faire des repas équilibrés et très protéinés. Cela me prenait beaucoup beaucoup de temps et d’énergie mais je trouvais cela amusant et gratifiant. Mais dans cet effort de suivre une logique alimentaire sans m’écouter j’ai perdu 2 kilos que je n’arrive pas à reprendre.

Premier pas dans le repas à boire

C’est pas hasard que je vois en pharmacie une cliente se faire servir des substituts de repas pour les personnes dénutrionnées qui sont remboursés par la sécurité sociale. Même si mon IMC est au dessous de 18 je ne suis pas –encore– dans un état qui nécessite une prise en charge médicale. Mais l’idée me tente et je passe commande en ligne de quelques uns de ces produits.

Verdict : je suis conquise.

Le gout n’est pas extraordinaire mais c’est largement buvable.

Et quel apaisement de savoir que je n’ai qu’à ouvrir le frigo, sortir une bouteille et la boire comme un Yop si je ne peux/veux pas manger un repas « normal » (qui dans mes périodes de crises va de « je ne mange rien du tout » à « je mange un paquet de biscuit/une saucisse », bref absolument rien qui soit équilibré ou couvre mes besoins énergétiques).

Nestlé Renutryl Booster par exemple propose des bouteilles toutes prêtes de 300ml pour 600Kcal à 11€ les 4 (hors frais de port), soit pour mes 1600Kcal quotidienne un cout de 7,33/jour si je souhaitais ne manger que cela.

Sauf que… ces aliments diététiques destinés à des fins médicales ne sont pas supposées se substituer entièrement aux repas. C’est un complément et on ne doit en prendre qu’un par jour. Je dois donc trouver autre chose.

Les boissons Soylent

Soylent est un produit nutritionnel conçu pour couvrir intégralement les besoins nutritionnels humains, et ainsi pouvoir servir d’alimentation principale ou unique.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Soylent_(boisson)

Il existe plein de marques différentes, certaines livrent en Europe d’autres pas.
Je vous recommande le site repasenpoudre.com pour en savoir plus sur comment ça marche.

En faisait mes recherche sur les différents produits j’ai retenu 3 marques un peu au hasard pour faire un petit comparatif de prix, suivant les quantités commandées, histoire d’y voir un peu plus clair dans leurs approches et d’estimer si c’est une hérésie question prix.

Je reçois mes premières commandes dans quelques jours (Queal et Jimmy Joy).
A suivre donc…

Notez que certaines marques se basent sur 3 repas par jour de 700Kcal, et d’autres sur 5 repas de 400Kcal chacun. 

 

Nom MANA [MARK 3] MANA [MARK 3] Queal Powder Queal Powder Queal Powder Jimmy Joy Vegan Jimmy Joy Vegan Jimmy Joy Vegan
Nbr sachets 7 28 2 5 26 2 5 26
Repas/
sachet
5 5 3 3 3 3 3 3
Nbr repas 35 140 6 15 78 6 15 78
Kcal/
repas
400Kcal 400Kcal 700Kcal 700Kcal 700Kcal 700Kcal 700Kcal 700Kcal
Prix/
repas
1,74 € 1,42 € 2,33 € 2,33 € 2,1 € 2,00 € 2,00 € 1,83 €
Prix/
1600Kcal* hfpd**
6,96 € 5,68 € 5,32 € 5,32 € 4,8 € 4,57 € 4,57 € 4,18 €
Fdp 0 € 0 € 7,42 € 7,42 € 4,84 € 15 € 15 € 10 €
Total 61 € 202 € 21,42 € 42,40 € 168,39 € 27 € 45 € 153 €
Prix/
1600Kcal* fdpi***
6,97 € 5,77 € 8,16 € 6,46 € 4,93 € 10,28 € 6,85 € 4,48 €
Jours 8,75 35 2,62 6,56 34,1 2,62 6,56 34,1

* Calculs fait pour mes besoins personnels de 1600Kcal/jour
** Hors frais de port
*** Frais de port inclus

Un an plus tard et des poussières après le diag asperger négatif

Avoir un diag asperger ou pas, qu’est ce que ça change pour moi ?

Je voulais mieux me connaître, mieux m’accepter et me faire accepter, et avoir une reconnaissance pour un aménagement de travail si j’étais amenée à en changer.

Je suis contente de ne pas avoir été diagnostiquée Asperger, je m’en suis rendue compte en signant des documents pour une assurance vie pour mes enfants, cela aurait grandement compliqué l’acceptation de mon dossier.

Mes parents et mon compagnon ont accepté que j’avais des différences, des modes de fonctionnement particuliers, finalement leurs origines leur importe peu.

Savoir, au sein de mon couple, qu’ils existent ne rend pas systématiquement les choses plus faciles, ou compréhensibles, mais ça peut permettre après coup de relativiser.

Enfin, un diagnostic posé ne m’aurait pas  permis d’améliorer des relations de travail tendues avec certains de nos, et bientôt probablement mes, salariés.

Mon avenir professionnel est, pour le moment incertain (je ne suis pas capable de reprendre seule la société parentale où je travaille depuis 16 ans, mon frère doit venir faire mon binôme ou je coule). Une reconnaissance officielle de mes difficultés m’aurait – peut-être – permis de pouvoir bénéficier dans une autre entreprise des aménagements que j’ai aujourd’hui et qui m’assurent de travailler de manière optimale.

Ces difficultés, de quel ordre sont elles ?

Impossible de savoir, quand on est en démarche de diagnostic ou en plein doutes, la part de l’effet Barnum. Faire le point un an après permet de faire le tri.

Je ne suis pas Asperger, j’ai des particularités, des traits autistiques comme d’autres personnes non autistes. Grâce à mes recherches j’ai pu mettre en place de techniques d’évitement ou de soulagement plus ou moins efficaces mais il n’en demeure pas moins que :

  1. Les rapports sociaux et interactions directes (appel téléphonique prolongé, échange SMS tendu…) me demandent beaucoup d’énergie et de temps de récupération, le coût étant d’autant plus important que je connais peu ou mal les personnes, ou que je ne peux m’aménager de zone de repli
    Beaucoup de choses ne me sont pas naturelles dans les interactions sociales, et à part mon compagnon (avec qui je ne vis pas) et nos familles, je n’en ai pas (hormis les réseaux sociaux mais ils ont d’autres codes). Je peux avoir l’air mal polie, ou de manquer d’intérêt ou de sensibilité. J’ai l’impression d’être un robot.
  2. Hyperacousie variable suivant mon état de fatigue
  3. J’ai un syndrome anxieux variable dans son spectre et dans son intensité pour ce qui touche au déplacement, qui réagit très mal aux injonctions et aux obligations
  4. Suivant mon niveau de fatigue et de stress, difficultés variables à comprendre les non dit, les doubles sens, le second degré… mais aussi à m’exprimer (ce qui entraine une très grande frustration et des pétages de plomb si je me laisse emporter par ma vague)
  5. La proximité physique des inconnus m’est difficile, je continue d’éviter les attroupements à l’école, à me balancer quand je fais la queue dans un magasin ou à la Poste
  6. Je suis tour à tour hypo et hypersensible, je me coupe et/ou j’explose dans les situation de stress ou de frustration intense
  7. Je suis obligée d’un minimum d’organisation pour les repas, que ça soit les miens ou ceux des enfants

Mais aussi plus globalement le fait de me retrouver les larmes aux yeux au supermarché parce que je suis incapable de savoir ce que je veux manger ce soir, ou de savoir qu’une douche va être trop bruyante et faire trop de stimulations et que ça va me consommer beaucoup beaucoup d’énergie de la prendre.

Je ne peux pas prendre le bus facilement (voire du tout), pour aller au bureau par exemple (je n’ai pas réussi à passer mon permis), ou être au bureau une journée entière dans le bruit des autres avec qui il faut interagir sans avoir besoin de récupérer le lendemain voire le jour d’après.
Je travaille essentiellement de chez moi, parfois 2 heures dans la journée car je suis déjà sur les rotules, parfois 12 sans faire de pause et tout azimut.

Autre exemple : je vois passer sur twitter ce soir « Petit repas végé rapide : riz curry menthe fraîche ». Peu de gens sont capables de comprendre que même ça c’est, à certains moments (et plusieurs fois par semaine), trop d’étapes : il faut mettre l’eau à bouillir et ajouter le sel, revenir tant qu’il y a de l’eau dans la casserole, puis attendre que cela cuise et arrêter le feu au bon moment, et après ça il faut encore égoutter et rendre mangeable en rajoutant du beurre, du curry, de la menthe fraîche (et on fait comment si on en a pas ?).
Bref, ça peut sembler caricatural mais c’est véridique : parfois, trop souvent, même faire juste des pâtes c’est juste trop, je préfère ne pas manger.

Mes trucs et astuces

  • Beaucoup de calme, de sommeil, de temps seule, c’est la règle number one pour moi.
  • Du magnésium, des omégas 3, beaucoup et souvent, et si je dors vraiment mal et que ça devient chronique, de la mélatonine
  • Une organisation pour les repas : une liste de plats et les courses correspondantes.
    Seule je peux passer une semaine à manger des Dinosaures au petit déjeuner et des samoussa ou des nems à l’Air Fryer, c’est pas varié mais j’aurai mangé
  • Prendre conscience du coût des choses, de mes limites, dire stop bien avant de devenir une furie incontrôlable (parce qu’il faudra encore assumer les tâches de base pour terminer la journée)
  • Des bouchons d’oreilles partout (table de nuit, sac à main, poche de veste…), un casque de réduction de bruit
  • Mettre les enfants à la garderie le matin et le soir pour éviter les portails d’école encombrés de parents qui bougent, me bousculent et font du bruit
  • Me faire livrer une partie des mes courses
  • Me mettre en mouvement : quand je me rends compte qu’une situation m’échappe et que je risque de perdre pied, je bouge, et si marcher n’est pas assez je peux gigoter n’importe comment (et oui, même dans la rue…)
  • Avoir des trucs dans mes poches quand je suis en dehors de chez moi (des perles, des vis, un fidget-cube) pour stimmer (voir aussi stimtastic.co)
  • Arrêter de lutter CONTRE MOI, je sais que je fais de mon mieux

Addiction

4 ans que j’ai commencé, la desintox est longue.

Le sevrage pour le soir a été facile, d’un coup, question d’horaire je pense, ça fait un an déjà que j’ai arrêté.

Pour le matin c’est beaucoup plus dur. Je suis obligée de procéder par étapes.

Le sevrage de la poussette…

Il a fallu désintoxiquer le Cadet mais pour des raisons différentes. Lui expliquer pourquoi elle était là et qu’il ne pouvait pas s’en servir lui et pourquoi moi j’en avais besoin. J’avoue c’était tordu.
Au début du sevrage c’était encore moi qui l‘avait en main. Puis j’ai demandé à l’Ainé de la prendre, je me sevrais de son contact physique. L’étape suivante c’est de restreindre la distance. J’ai récupéré l’antivol de mon vélo et on fait ça progressivement.

 

Je me retrouve donc à :

  • trimbaler une poussette vide ou avec des cartables dedans, mes enfants se relayant pour la pousser
  • l’accrocher à un poteau, de plus en plus loin de l’école pour terminer le trajet maison/école sans elle
  • rentrer chez moi avec ma poussette vide ou pleine de courses faites au passage

Je suis la loufoque qui est accro à la poussette de son enfant de 4 ans, telle une camée qui en a besoin pour être capable, de bon matin, de sortir avec eux et faire le trajet de l’école.

« La flemme »

Grande paresse ; envie de ne rien faire : Avoir la flemme. (source)

C’est une expression que j’utilise souvent, mais rarement à bon escient.

Parfois j’ai la flemme de faire le ménage, de faire mon lit, de sortir les poubelles, de travailler.
Par fainéantise.
Je pourrais, mais je veux pas.

Mais plus souvent je dis que j’ai la flemme d’aller chez le coiffeur, d’amener les enfants à l’école, de me préparer à manger…
Par manque de ressources.
Parce que dire qu’on a pas l’énergie mentale ou le courage de faire cela semble insensé pour la plus part des gens, surtout si c’est un truc que j’ai fait la veille sans aucun soucis.

J’ai la flemme parce que aller chez le coiffeur c’est respecter un rendez-vous horaire, sociabiliser pendant une demie-heure tout en supportant la radio, me faire toucher le crâne et avoir de l’eau dans les oreilles, et tout cela m’est très pénible par moment.

J’ai la flemme parce qu’amener les enfants à l’école c’est sortir dans la rue et être 100% responsable d’eux dans un environnement que je considère comme hostile à ce moment là.

J’ai la flemme parce que me préparer à manger c’est devoir réfléchir à quoi manger, finir par trouver un croque monsieur tout fait, sortir une poêle, la mettre à chauffer, faire cuire le croque en faisant attention de ne pas le cramer, et parfois même ça c’est juste trop (alors je me fais des nouilles chinoises, ou un bol de chocapic, ou rien si je n’ai ni l’un ni l’autre).

Je vais devoir étoffer mon vocabulaire, parce que la dernière fois l’Ainé à dit à la maitresse que je ne l’avais pas amené à l’école parce que j’avais la flemme, et dit comme ça, ça craint du boudin…

Retrospective 2015

Autant je déteste les résolutions de début d’année, autant j’aime bien faire des bilans.

Janvier – L’année a commencé par la contractualisation de mon divorce, enfin signé après 1,5 ans de séparation, qui me redonnait la liberté de mes engagements financiers (nous n’avions pas de contrat de mariage et étions donc encore financièrement responsable l’un de l’autre) pris 10 ans plus tôt. Et je fête mon anniversaire avec ma famille et ma belle famille au bowling, 35 ans.

Avril – Idée folle que je peux peut-être acheter avec mes seuls deniers un petit appartement à mettre en location, pour le récupérer dans 25 ans pour moi (et #F off course). Car payer un loyer en étant à la retraite est une de mes pires hantises mais acheter en solo me semble irréalisable. Lire la suite

Aspergirl ? – Episode 4 – Je ne suis pas Asperger

Attention, pavé.

Début décembre : mon second rendez-vous au CRA, avec le psychiatre cette fois-ci (très gentil, mais entretien mitigé, il m’a fait parler essentiellement de mes malaises ce que j’ai trouvé très restreint par rapport à tout ce qu’il y avait à aborder). Puis une semaine plus tard entretien téléphonique entre le psychiatre et ma mère d’environ une heure.

Cet entretien sur ma petite enfance avec ma mère a été décisif pour leurs conclusions. Ma mère a confondu beaucoup de choses surtout concernant mon niveau de bonheur et mes relations sociales (elle a trois enfants et une mémoire sélective, arbitraire et déficiente) mais il n’y a dans les faits pas de routine, de rituel ou d’habitude notable (pour le repas, le coucher…), pas de stéréotypie, pas de retard moteur ou de langage (c’est même l’inverse).

Et cela suffit pour écarter le spectre autistique et donc le syndrome d’Asperger. Sachez-le. On nait asperger, les symptômes peuvent s’atténuer avec le temps mais pas l’inverse (dixit le psychiatre). Lire la suite