« La flemme »

Grande paresse ; envie de ne rien faire : Avoir la flemme. (source)

C’est une expression que j’utilise souvent, mais rarement à bon escient.

Parfois j’ai la flemme de faire le ménage, de faire mon lit, de sortir les poubelles, de travailler.
Par fainéantise.
Je pourrais, mais je veux pas.

Mais plus souvent je dis que j’ai la flemme d’aller chez le coiffeur, d’amener les enfants à l’école, de me préparer à manger…
Par manque de ressources.
Parce que dire qu’on a pas l’énergie mentale ou le courage de faire cela semble insensé pour la plus part des gens, surtout si c’est un truc que j’ai fait la veille sans aucun soucis.

J’ai la flemme parce que aller chez le coiffeur c’est respecter un rendez-vous horaire, sociabiliser pendant une demie-heure tout en supportant la radio, me faire toucher le crâne et avoir de l’eau dans les oreilles, et tout cela m’est très pénible par moment.

J’ai la flemme parce qu’amener les enfants à l’école c’est sortir dans la rue et être 100% responsable d’eux dans un environnement que je considère comme hostile à ce moment là.

J’ai la flemme parce que me préparer à manger c’est devoir réfléchir à quoi manger, finir par trouver un croque monsieur tout fait, sortir une poêle, la mettre à chauffer, faire cuire le croque en faisant attention de ne pas le cramer, et parfois même ça c’est juste trop (alors je me fais des nouilles chinoises, ou un bol de chocapic, ou rien si je n’ai ni l’un ni l’autre).

Je vais devoir étoffer mon vocabulaire, parce que la dernière fois l’Ainé à dit à la maitresse que je ne l’avais pas amené à l’école parce que j’avais la flemme, et dit comme ça, ça craint du boudin…

Aspergirl ? – Episode 4 – Je ne suis pas Asperger

Attention, pavé.

Début décembre : mon second rendez-vous au CRA, avec le psychiatre cette fois-ci (très gentil, mais entretien mitigé, il m’a fait parler essentiellement de mes malaises ce que j’ai trouvé très restreint par rapport à tout ce qu’il y avait à aborder). Puis une semaine plus tard entretien téléphonique entre le psychiatre et ma mère d’environ une heure.

Cet entretien sur ma petite enfance avec ma mère a été décisif pour leurs conclusions. Ma mère a confondu beaucoup de choses surtout concernant mon niveau de bonheur et mes relations sociales (elle a trois enfants et une mémoire sélective, arbitraire et déficiente) mais il n’y a dans les faits pas de routine, de rituel ou d’habitude notable (pour le repas, le coucher…), pas de stéréotypie, pas de retard moteur ou de langage (c’est même l’inverse).

Et cela suffit pour écarter le spectre autistique et donc le syndrome d’Asperger. Sachez-le. On nait asperger, les symptômes peuvent s’atténuer avec le temps mais pas l’inverse (dixit le psychiatre). Lire la suite

Mind mapping sur ce que je suis

Il y a quelques semaines j’ai voulu mettre à plat, en prévision du prochain entretien, tout ce qui pouvait être particulier chez moi, et qui m’a incité à penser au Syndrome d’Asperger.

Le voici : Mind mapping sur ce que je suis

De manière isolée aucun point n’est vraiment préoccupant, sauf peut-être mon côté Hulk (et c’est l’élément déclencheur de ma démarche). C’est le cumul qui rend le quotidien plus ou moins difficile et compliqué à gérer.

La femme enceinte & la femme asperger

La femme enceinte a beaucoup de particularités qu’on lui accorde, accepte ou tolère très facilement. Parfois même on s’en émeut.

Particularités, en vrac et non exhaustives, de la femme enceinte, et réactions de la société

Des fringales, des dégouts alimentaires, des obsessions pour une catégories d’aliments, des repas à toute heure ?

C’est les hormones et qu’elle a un bébé à nourrir cette pauvre enfant.

Elle est beaucoup fatiguée, nauséeuse, elle veut dormir tard, faire la sieste, se coucher tôt ?

C’est les hormones et qu’elle a un bébé à faire grandir cette pauvre enfant.

Elle supporte mal le bruit, les bousculades au marché, la voiture, ses habits la grattent, elle a chaud et elle a froid, elle veut passer la journée en pyjama, elle préfère rester chez elle tranquille, elle ne supporte plus l’odeur de la cigarette ?

C’est les hormones et qu’elle a un un nid à préparer pour son bébé cette pauvre enfant.

Elle a la larme facile, elle et susceptible, elle ne supporte pas l’injustice de ce monde, elle rit, pleure et se met en colère pour un rien ?

C’est les hormones, ça rend hypersensible, mais heureusement ça va passer, pauvre de nous.

Elle se balance, chantonne, s’émerveille d’un rien, sursaute pour tout ?

Elle berce son bébé, retrouve son âme d’enfant.

Elle est un peu obsédée de l’hygiène, du rangement, elle a des TOC étranges, elle est anxieuse, s’inquiète du futur, s’inquiète de tout, n’arrête pas de penser en fait ?

Elle va donner la vie, c’est normal qu’elle cogite un peu, ça ira mieux après la naissance.

Mais où elle veut en venir ?

J’ai adoré être enceinte de mon premier enfant. Même si c’était pénible, pour toutes les raisons évoquées ci-dessus. Et j’ai bien été contente quand ça c’est arrête aussi.

J’avais l’impression d’avoir atteint un niveau de conscience supplémentaire. J’ai pensé que c’était le fait d’être toute puissante, de créer un être humain, d’être femme. Mais en l’évoquant en thérapie il y a 3 ans, je me rendais compte que ça n’était pas exactement cela. Et je ne pouvais pas dire non plus que c’était génial parce qu’en portant la vie j’avais l’impression d’avoir trouvé ma place dans la société, parce que ça n’était pas vraiment ça non plus.

Puis j’ai compris.

Tout ça là haut c’est moi (sans compter d’autres bizarreries), tous les jours, toute l’année, toutes les années.

Mais si la société est clémente pour une femme enceinte, elle l’est beaucoup moins pour celle qui ne l’est pas. Elle n’a pas d’excuse. Les gens normaux ne se comportent pas comme ça. Pas tout le temps.

Alors tu compenses, comme tu peux, comme tu y arrives, suivant l’énergie dont tu disposes. Au mieux les gens te trouvent étrange, au pire ils te trouvent chiante.

Voilà pourquoi j’ai tant aimé être enceinte. Je n’avais pas à me cacher derrière des masques (ou très peu), je pouvais être moi et c’était acceptable.

L’express – « Adulte surdoué: et si vous l’étiez sans le savoir? »

Et en complément

Et c’est là qu’on remarque qu’il y a quand même pas mal de choses communes entre les zèbres et les aspies.
Et évidemment l’un et l’autre ne sont pas incompatibles…

Aspergirl ? Pourquoi je fais la démarche d’un diagnostique

Mes différences, j’en ai noté certaines depuis quelques années, et elle ne sont pas toujours toutes faciles à accepter, du fait de la société elle-même ou de personnes toxiques de mon (ancien) entourage qui voulaient que je fonctionne mieux (à savoir comme elles, à ne pas être si fatiguée par exemple).

C’est dur et pesant cette difficulté à faire des choses pourtant si simples, de sembler de pas faire assez d’effort pour y arriver, la culpabilité est énorme.

De séance en séance de thérapie en 2013 je me suis rendue compte que je me connaissais très mal, à force de vouloir faire comme tout le monde je n’étais plus vraiment capable de comprendre mon propre fonctionnement.

Certes, j’étais bien consciente d’être par exemple trop fatiguée, maladroite en société, très anxieuse et en tension physique, de devenir Hulk… Mais ça restait flou, vague, et insuffisant pour que je puisse convenablement composer avec (faire en sorte que mon quotidien soit plus agréable) au lieu de penser que je devais pouvoir faire mieux (répondre à une attente normée de la société).

A force de compensations je n’avais plus la capacité de savoir tout ce qui me coûtait quotidiennement.

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Aspergirl ? – Episode 2

Voir l’épisode 1

Ce soir d’aout 2015 je tombe dans la toile pendant des heures, et je compulse les vidéos et les sites qui traitent du Syndrome d’Asperger, et spécifiquement des femmes adultes Asperger, les aspergirls.

Et je continue les jours suivants, et plus je lis, plus je me retrouve.

Même si ça fait des mois que je dis en rigolant à mon Amoureux que j’ai des côtés autistes, jusqu’alors je n’avais pas cru que je pouvais réellement entrer dans le spectre : je continuais de penser que j’avais des lacunes en capacité d’adaptation et qu’il aurait suffit que « je fasse des efforts pour que… »

Je dois me faire diagnostiquer, c’est une évidence pour moi.

J’envoie un mail à mon psychologue avec qui j’ai toujours eu de très bons rapports, même s’il ne me suis plus depuis un an, et je lui fais pas de ma démarche en la justifiant :

Ce sentiment de différence, d’être à part (vous vous rappelez des « autres enfants du bus ? »1), d’être abimée, ma difficulté de gérer l’extérieur et les relations en groupe, mon hypersensibilité, mon hyperacousie, mes ressassements et questionnements sans fin, mes grands besoins de calme et de repli après avoir été trop stimulée, etc.

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